MAFP COMMUNIQUE

Le Génocide des Arméniens a débuté il y a 104 ans par la rafle des intellectuels arméniens de Constantinople.

Le plan d’extermination des Arméniens par ses bourreaux n’aura pas réussi à effacer l’existence de tout un peuple. Malgré l’horreur, l’Arménie est toujours là, debout, plus forte encore. Et les Arméniens n’oublient pas les leurs, tombés dans les déserts, sans sépulture.

Le 13 avril 2019 à 16h30, dans le Parc de Sceaux (Antony), lors d’une cérémonie du souvenir devant l’Aigle d’Arménie (œuvre de Toros), nous avons déposé une gerbe en nous inclinant devant la mémoire de nos martyrs.

Le 18 avril 2019, nous avons offert à la Cathédrale Arménienne un carton de cartes postales pour la collecte du sang afin qu’elles soient distribuées par les jeunes de Paris, Lyon et Marseille. Ces cartes postales avaient été éditées lors du 100ème anniversaire du Génocide des Arméniens et diffusées au mois d’avril 2015.

Le 23 avril 2019, nous avons envoyé ces mêmes cartes postales :

À Monsieur président de la République Française

À Monsieur le Premier ministre

Aux présidents de groupes politiques de l’Assemblée Nationale

Aux présidents des groupes politiques du Sénat

Aux directeurs des journaux de Paris, Marseille, Lyon et au journal Haratch

Et à l’Établissement Français du Sang (EFS)

Nous les avons également adressées aux Ambassades et Consulats des pays suivants :

Arménie, Uruguay, États-Unis, Brésil, Cuba, Venezuela, Liban, Syrie, Jordanie, Égypte, Israël, Australie, Canada, Argentine, Belgique, Suisse, Italie, Serbie, Grèce, Chypre, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Pays-Bas, Danemark, Suède, Allemagne Fédérale, Autriche, Iran, Géorgie, Chine et Russie.

Vous trouverez ci-inclus un message de nos amis grecs et chypriotes pour le 104ème anniversaire du Génocide des Arméniens. Depuis 1974, le tiers de l’Ile de Chypre est soumise à l’occupation de l’armée turque.

Nos amis grecs et assyro-chaldéens furent également les victimes des massacres de masse organisés par le même bourreau, celui des Arméniens.

Nersès Durman-Arabyan
Antony le 25 avril 2019

Ignorance ou Marchandage du Génocide des Arméniens

Le 30 mai 2018, la Knesset (Parlement israélien) allait examiner la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens.

Raphaël Lemkin
Raphaël Lemkin

Cependant, le rapporteur de la proposition Yuli-Yoel Edelstein n’avait pas inscrit cette question à l’ordre du jour arguant du fait que le vote des parlementaires ne rassemblerait pas une majorité suffisante pour son adoption.

Si malheureusement la crainte de ce rapporteur correspond à la réalité, il est douloureux d’admettre que des députés israéliens porteurs de la mémoire de la Shoah puissent ignorer l’existence du génocide des Arméniens.

La civilisation arménienne perdure depuis des millénaires. Cependant, durant des années, le peuple arménien a dû faire face à des attaques constantes bien qu’il fut toujours considéré comme une « nation fidèle » rendant d’immenses services aux autres pays ce qu’attestent de nombreuses archives historiques.

Le 24 avril 1915, à Constantinople, le gouvernement turc a minutieusement préparé la déportation et le massacre de plusieurs centaines d’intellectuels et de notables arméniens puis a poursuivi son action dévastatrice en Arménie occidentale en exterminant 1,5 millions d’hommes, de femmes et d’enfants.

Si le crime de génocide perpétré contre les Arméniens en 1915 avait été condamné de façon exemplaire par la justice internationale, jamais le peuple juif aurait été victime de l’extermination nazie lors de la seconde guerre mondiale.

Le 22 octobre 1939, Hitler n’aurait-il pas dit devant ses officiers : « Qui donc se souvient encore du massacre des Arméniens ? »

En 1944, la notion de génocide fut créée par le juriste juif polonais Raphaël Lemkin, en prenant pour exemple le génocide des Arméniens.

La question de la reconnaissance du génocide des Arméniens a souvent été la source d’un odieux marchandage dans les relations interétatiques avec la Turquie. Malheureusement, force est de constater que les nations dites civilisées recourent systématiquement à ce stratagème pour bénéficier de contrats juteux.

Le Génocide est la douleur lancinante du peuple arménien dont il souffre depuis plus d’un siècle. La non-reconnaissance et la négation du génocide des Arméniens exaspèrent et répugnent les jeunes arméniens descendants des rescapés du génocide. Certains esprits ignorants plongés dans les ténèbres devraient s’éclairer grâce aux témoignages des rescapés du génocide et des documents transmis par les chercheurs et les historiens internationaux.

L’Arménien doit faire preuve de patience dans un esprit unitaire pour déjouer les pièges tendus par ses adversaires.

Nersès Durman-Arabyan
Paris le 31 mai 2018